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Fabrication de couleurs végétales dans le Vaucluse : Actualités et Culture

Actualités

Cette rubrique présente :

  • Quelques-unes des activités de Plantes &Couleurs, au fil des saisons,
  • Des sujets d’actualité concernant les utilisations de la couleur végétale,
  • Ainsi que  la présentation et les coordonnées de divers partenaires.

Les waidiers

L’aventure a commencé il y a une bonne dizaine d’ années. Jean François Mortier, agriculteur de la Somme, homme curieux et en quête d’un « plus de sens » pour sa vie de paysan.
En puisant son inspiration dans l’Histoire locale, et à partir de quelques graines ramassées dans les Hortillons, sur les bords de la Somme, il redonna vie à une plante qui fit la richesse d’Amiens.
Il cultiva Isatis tinctoria Var Lusitanica, variété de pastel aux siliques courtes, remarquablement bien adaptée au climat local
Ecoutons -le parler, dans cette petite vidéo présentée à la télévision régionale en 2009. 

http://webtv.picardie.fr/video494

Jean François a disparu trop tôt, il y a quelques années, des suites d’une attaque cardiaque.
Aujourd’hui, sa fille Estelle a osé pousser à nouveau la porte de l’atelier désert. Les feuilles fraiches, cultivées localement ont retrouvé les cuves désertées, et le beau bleu de waide est de nouveau disponible, et plusieurs de nos jeunes créateurs ont retrouvé leur bleu préféré.
Voyez ici le site d’Estelle :

www.bleudamiens.com

La cuve d'indigo 1-2-3

  • Les visiteurs du site nous posent de fréquentes questions concernant la mise en oeuvre de l’indigo et notamment sur la méthode très simple proposée dans le dvd « colors of Provence », consistant à utiliser du sucre,  de la chaux et de l’indigo, ou bien dans les supports de cours, dans lesquels je propose des cuves à la garance, ou au henné, et à la chaux. .
  • Il nous est souvent demandé où j’ai   trouvé cette recette. En fait, elle résulte d’un effort de simplification, après beaucoup d’expériences inspirées de recettes collectées dans les  années 50 au Maghreb.En voici une, tirée de Note sur la teinture des laines au Djebel Amour (Algérie), par A. Touchon :

«  pour monter la cuve, on mettait de la cendre de chêne, ou mieux, de pistachier, et de la chaux vive (trois mesures de cendre pour une de chaux), dans une sorte de filtre formé d’un récipient dont le fond perforé était garni de paille convenablement tassée on versait de l’eau bouillante sur le mélange de cendre et de chaux, puis on recueillait cette eau à la sortie du filtre ; elle était jugée bonne pour la teinture quand un œuf frais immergé coulait au fond du chaudron. On ajoutait au bain des dattes et des figues (Un Kg de chaque pour 100 litres  environ) ; on faisait alors bouillir, puis refroidir le chaudron sept fois consécutives. Après le dernier bouillon, on ajoutait l’indigo pilé et quelques os garnis de viande, qu’on avait pris soin, au préalable, de laisser pourrir un peu. On laissait ainsi la cuve fermenter pendant 7 à 8 jours, non sans joindre quelques racines de garance à cette véritable « soupe ».Quand la cuve ne voulait pas « démarrer », on renforçait la dose de viande putréfiée (…) Si tous ces stratagèmes avaient réussi, la surface du bain étant légèrement mousseuse, la cuve était prête pour la teinture. On chauffait alors le chaudron sur les bords (..) entre 60° et 80°, On introduisait la laine par petits écheveaux que l’on retirait au bout d’un quart d’heure, en les pressant des deux mains. L’opération était recommencée trois fois (… ) A la troisième immersion, on laissait la laine pendant une heure ou une heure et demie dans le bain ; les écheveaux étaient retirés puis rincés. En général, les premières teintures étaient défectueuses, elles servaient à amorcer la cuve. Cette méthode donnait les bleus foncés presque noirs des anciens tissages du Djebel Amour. »
D’après : Note sur la teinture des laines au Djebel Amour (Algérie) A. Touchon (vers 1960)  PP 117-119. L’auteur a collecté ces informations dans les années 1950.

Commentaire :

Si l’on associe de la chaux vive avec la cendre de bois, la réaction suivante se produit : CaO + H2O = Ca(OH)2      + KCO3 = KOH ( la potasse caustique)  + CaCO3 ( du carbonate de calcium).
La cuve ainsi préparée est très alcaline, ce qui est important pour mieux réduire l’indigo.

La réaction avec les matières sucrées est assez forte, mais par contre, on ne peut teindre la laine avant quelques jours ; durant ce temps, le pH baisse, condition indispensable pour ne pas abîmer la laine dans cette cuve.

Autre point intéressant : les premiers trempages durent assez peu de temps, puis le troisième est prolongé, ce qui assure un bon unisson à la couleur.

On teint à chaud. C’est un peu périlleux, car cela assèche beaucoup la laine, mais par ailleurs, cela garantit une teinte foncée.

L’apport d’ossements n’a pas de rapport direct avec la réduction de l’indigo. A.Touchon  ne semble pas bien comprendre que cette opération est destinée à introduire du collagène dans la cuve. La gélatine joue un rôle important de « facteur tampon », en protégeant la laine de la corrosion par les alcalis présents dans la cuve.

Cette recette me permet aussi de rappeler que  -pas plus que les suivantes- elle n’a été écrite, ni même dictée par le teinturier. Elle est le fruit des observations d’une personne (A. Touchon), qui peut avoir omis un détail, en avoir interprété un autre de façon erronée, ou bien ne pas avoir « tout » vu ce jour-là.

  • Une autre de vos questions concernant justement l’intérêt de la gélatine dans les cuves d’indigo, j’espère avoir répondu par la présentation de ce texte.  J’ai aussi trouvé de la colle d’os en perles, et j’en ai préparé quelques pots pour ceux qui voudraient essayer de teindre la laine dans une cuve au sucre et à la chaux, à une température un peu élevée. Il faut en mettre 3 grammes par litre.

SI vous recherchez ce produit, il coûte 5€ le pot de 250 ml.

Questions / Réponses

Nos visiteurs nous interrogent au sujet de certains produits et de leurs utilisations

Voici quelques éléments de réponse  à quelques questions fréquentes

Au sujet de trois plantes du jaune

La sauge des teinturiers

Les pères missionnaires en poste à Pékin, au XVIIIe siècle, étaient fréquemment sollicités par les européens au sujet des techniques de teintures utilisées par les chinois. Une plante inconnue d’eux, le Ti-Hoang, donnait une couleur jaune magnifique.
« Nous avons envoyé le Ti-Hoang, il y a quelques années, écrit le R.P. Cibot en 1790, et nous avons raconté comment on en tirait du jaune de teinture. On se sert aussi de plusieurs autres plantes ; mais il faut avouer qu’on se sert plus universellement des fleurs du faux-acacia, [c’est le nom que l’on donnait alors par erreur au Sophora du Japon], qui croît partout sans aucun soin, elles donnent un très beau jaune. Quand elles sont prêtes à s’épanouir, on les recueille, on les détache de leur calice, et on les fait sécher à un soleil ardent, ou encore mieux dans une casserole de fer, où on les tourne et les retourne, comme si on voulait les rissoler : puis on les humecte avec du suc d’autres fleurs qu’on a pilées, et où on a mis du sel. Après les avoir bien maniées, on en fait des boules qui doivent être séchées au nord. Il y en a qui, au lieu de sel, se servent de chaux, ou même se contentent d’en saupoudrer leurs fleurs, après les avoir tamisées bien fin ».

Le sophora du Japon

Au dire des missionnaires qui séjournèrent en Chine durant le XIXe siècle, les boutons floraux du Sophora  pleureur étaient très estimés des teinturiers locaux. Durant le XIXe siècle, cette teinture, nouvelle pour les Européens, fut un objet de curiosité dans les milieux lyonnais de la soie. Voici ce que M. Guerrapain écrit à son sujet  en 1809 dans  sa notice sur la culture du sophora  « Le hoai hoa fut envoyé de Chine en 1747, par le P. d’Incarville à B. de Jussieu. » d’après Natalys Rondot (…) Il fut semé pour la première fois en pleine terre en 1747, dans le jardin de Louis XV à Trianon. Il n’était cultivé que comme objet de luxe et d’agrément, et ne se multipliait que par voie de marcottes ; mais l’été de 1803 ayant été constamment chaud, ses graines ont mûri et ont été recueillies avec soin. Alors cet arbre s’est multiplié de manière à faire espérer que l’on pourrait en faire des plantations en grand (D’après « notice sur la culture du sophora », par M. Guerrapain, 1809).

La camomille matricaire

Le teinturier Allemand Poerner étudia cette plante étonnante ; à la différence de l’Anthémis tinctoria, plante riche en flavonols d’une solidité modérée, la matricaire, dite « camomille allemande », très riche en apigénine et autres colorants du type flavones, produisait d’excellents résultats. Poerner étudia notamment la possibilité d’utiliser cette plante pour la coloration de la laine non mordancée, par addition de sel marin dans les bains de teinture. Il en obtint un beau jaune citron, nettement plus solide que le jaune de curcuma.  Voici les « Instructions sur l’Art de la teinture, de Poerner, publié en français en 1791 :

L'art de la teinture

L'utilisation des Tannins

Quels tannins utiliser pour mordancer, pour améliorer la solidité à la lumière ou pour colorer?

Les tannins peu colorés (galliques, ellagiques ou catéchines gallates) servent de préférence à renforcer la solidité des couleurs aux UV.

On peut les utiliser de 2 manières :

  • Directement dans le bain de teinture
  • En prétraitement des fibres cellulosiques avant le mordançage

Exemples : le thé vert, la grenade, le myrobolan, l'extrait de galles de chêne, l'extrait de sumac.

Recette n°1 : Teinture de la laine à la cochenille et à la grenade

Peser la laine, délayer dans l'eau 10% de cochenille, 10% de poudre d'écorce de grenade et 10% d'acide citrique (ou la quantité de jus de citron correspondante, en sachant qu'un litre de jus contient 40g d'acide citrique).

Faire tiédir le bain et introduire la laine prétrempée dans l'eau tiède. Chauffer doucement de façon à atteindre 80° en 1 heure. Laisser refroidir. Rincer et sécher.

Recette n°2 : Teinture du coton en rouge de garance

Tremper votre tissu de coton dans une solution d'extrait de noix de galles à 10g/ litre durant quelques minutes. Essorer et sécher sans rincer.

Mordancer par simple trempage dans une solution d'acétate d'alumine préparée comme suit : dissoudre 25g de carbonate de sodium dans 1 litre de vinaigre blanc, ajouter 50g d'alun.

Essorer et sécher sans rincer. Fixer dans une solution de craie (10g/litre).

Rincer et teindre en bain de garance.

Les tannins colorés (catéchiques et certains ellagiques) donnent des teintures dont les nuances varient du beige au brun en passant par des nuances de marron-rouge.

Exemples : l'extrait de châtaignier, l'extrait de cachou, l'écorce de chêne, la kola, le quinquina, l'arbousier, l'avocat, la bistorte.

Recette n°3 : Teinture du coton en marron-rouge de quinquina

Tremper votre tissu de coton dans une solution d'extrait de noix de galles à 10g/ litre durant quelques minutes. Essorer et sécher sans rincer.

Mordancer par simple trempage dans une solution d'acétate d'alumine préparée comme suit : dissoudre 25g de carbonate de sodium dans 1 litre de vinaigre blanc, ajouter 50g d'alun.

Essorer et sécher sans rincer. Fixer dans une solution de craie (10g/litre).

Rincer et teindre en bain de quinquina.

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A découvrir

Coup de Coeur à découvrir absolument:

L'indigo d'Anais Guery

Atelier A.Guery

Adresse: 48, rue Jean Jacques Rousseau - 94200 - Ivry sur Seine - France

Batiment rouge au fond de l'impasse

Port: 06 30 43 71 81

Email: contact@aguery.com

www.aguery.com

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Sophie Dombre

Découvrez le travail de teinture au Pastel de Sophie.

Adresse: 409, route de Cabannes - 13750 - Plantes d'Orgon - France

Port: 06 16 85 46 20

Tel  : 04 90 56 21 64

email: sophie.dombre@wanadoo.fr

www.pastel-dombre.fr/

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Les très belles laines et Mohair Chez Myrobolan

Charlotte Maremberg, vous propose un travail de grande qualitée, notament d'extraordinaires bleu-violet de campeche.

Voici un site qui vaut le détour.

Adresse: rue Van Hammée,19 - 1030 -  BRUXELLES - Belgique

Tel: 00 32  484 95 10 35

Email: charlottemarembert@wanadoo.fr

www.boutique-myrobolan.com

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